Catégorie : Les éditions lapin

Part 2 – La confrontation avec les Dieux

La saga des éditions lapin en librairie


 

Ces chroniques sont tirées du rapport de stage d’une charmante stagiaire qui a eu l’extraordinaire opportunité (hmm) de travailler pour lapin aux mois de juillet et août 2008.

Lisez aussi :  Part 1 – Etude comportementale du libraire.

Face à la réticence des libraires, ma deuxième mission était de tenter de viser plus gros, d’élargir le champ d’accueil de Lapin en m’attaquant à la grande distribution.

La démarche était simple, s’adresser aux responsables BD de chaque maison Fnac et Virgin et voir leur motivation vis-à-vis du format, du contenu etc. bref, espérer que ce qui rebutait les libraires ne pose pas de problème à ces monstres d’ouverture commerciale. Mes déplacements se sont donc effectués en grande partie sur les Fnac de Boulogne, du Mans, et (pour Paris) à Montparnasse, St Lazare, Ternes et Chatelet, puis au Virgin des Champs Elysées. Le grand problème quant à la réaction des Grands a surtout été d’ordre administratif, une simple formalité qui semblait manquer au bon déroulement, le référencement.

les citation idiotes de Phiip, tome 2, fév. 2010Preuve que l’on apprend beaucoup en s’attaquant aux professionnels du livre de masse, c’est que j’ai eu une description assez détaillée des coulisses de la Fnac.

Toute œuvre indépendante doit être référencée (sous conditions) dans une sorte d’annuaire de la Fnac qui permet au sacrosaint album de paraître à la vue de tout le monde dans un délai relativement court. Or, les œuvres Lapin n’étant pas référencées, le responsable m’a dit que ça semblait compromis mais qu’il y avait déjà eu des exceptions et qu’ils pouvaient contourner le référencement. Mise en attente de quelques dizaines de jours. Parallèlement je me rends dans les autres magasins Fnac pour voir si malgré le référencement qui est en cours ils ne seraient pas contre l’idée d’un lapin de Fnac. Assez heureusement je suis tombée sur des responsables beaucoup plus ouverts que celui de ***, ce dernier ayant le pouvoir et la puissance d’un jury de M6, il s’est permis de snober Lapin avec ses petits camarades.

les lapins de bureau, paru en 2008

Les autres responsables se sont donc montrés intéressés par les strips des Lapins de Bureau, assez mitigés sur les Citations (mais ils m’ont dit que si LdB se vendaient comme des petits pains ça ne poserait pas de problème de proposer les œuvres annexes) et pas du tout motivés par  »Je suis un Lapin » à cause du format et de la souplesse de la couverture.

En revanche, ils ont conseillé de garder les sympathiques couleurs de Je suis un lapin pour les prochaines parutions, le noir et blanc des trois autres albums n’étant pas très vendeur. Pour le format à l’italienne des citations et des Rois du management, ça n’a posé aucun problème dans plusieurs Fnac, preuve que la grande distribution ne recule devant rien. L’expérience Fnac a été assez encourageante, les responsables étant souvent des personnes jeunes et aventureuses qui voulaient bien consacrer une demi-heure voire une heure pour m’aider dans ma mission. Une fois cette histoire de référencement réglée il serait possible de voir Lapin dans les présentoirs « Coups de cœur » à côté du dernier Houellebecq.

lapin 1, je suis un lapin,paru en novembre 2005C’est pourquoi il ne serait pas stupide de se focaliser uniquement sur les Grands, c’est à dire la Fnac, Virgin et pourquoi pas les centres commerciaux. Il ne s’agit donc pas là d’un abandon total des librairies mais d’un système d’impressionnement / investissement ! Lapin fait ses preuves de façon indépendante (ou via les Fnac & cie) et ce seront les libraires convaincus qui viendront à Lapin. Quand à l’ouverture des Fnac vis-à-vis des éditions indépendantes, je pense qu’il s’agit de la démarche la plus prometteuse à l’heure actuelle. On a déjà vu Lapin au Furet du Nord d’ailleurs, autre grande surface.

C’est étonnant de voir que les magasins à la stratégie commerciale la plus agressive sont les plus ouverts à l’édition indépendante (sous réserve que ça marche, on l’a bien compris). Peut-être ont-ils plus les moyens de prendre ce risque, mais dans un milieu où on est jugé par sa hiérarchie sur ses performances en matière de ventes, je ne suis pas sûr que cette raison soit suffisante.

On trouve toujours de l’édition indépendante dans les FNAC. Elle n’est pas forcément bien organisée, on peut déplorer l’exposition, le classement (ou l’absence de classement), voire (authentique) l’étagère  »indépendants » cachée derrière le seul poteau du rayon ! Mais le fait est qu’il existe une vraie présence des indépendants, même si elle varie de magasin en magasin.

Peut-on en conclure que c’est dans les FNAC qu’on trouve les libraires les plus passionnés ?

 

A suivre dans : Journal intime d’une stagiaire-thermomètre

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